mercredi 24 octobre 2012

Allocution de Emmanuel GOLOU, Président du Parti Sociale Démocrate au Congrès de l'International Socialiste au CAP en Afrique du Sud


Thème :
Pour une économie avec des emplois, la croissance et la protection sociale : la réponse sociale –démocrate à la crise financière.
 




Monsieur le Président de l’International Socialiste
Monsieur Le Secrétaire Général
Monsieur le Président de l’ANC, Président de la   
République Sud-africaine
Chers camarades de l’ANC
Chers congressistes

Monsieur Le Président,
Je voudrais avant tout vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez de prendre  la parole au cours de cet important congrès de notre organisation. Mes remerciements vont également à la direction et aux membres de l’African National Congress pour avoir accepté d’organiser ces assises et de nous accueillir dans cette belle ville du cap.
Notre congrès se tient au moment où le monde fait face à deux crises financières successives, celle des subprimes aux Etats Unis et celles des dettes souveraines Européennes. Toutes deux ont fait des ravages et continuent à nourrir des angoisses.
On se souvient que pour faire face à la crise des subprimes des mesures ont été prises pour discipliner les actions de la finance internationale.
Mais la plupart de ces mesures n’ont pas été mises en application. 90% des règles en fonction en 2008 sont toujours en vigueur.Les choses ont donc très peu changé !
Et puis en réalité, la gestion institutionnelle de cette crise reste tout de même d’inspiration très libérale car l’approche reste celle de la gestion des risques que l’on ne s’interdit pas de créer. La batterie des mesures envisagées se trouve bien dans ce registre où il n’est question que d’augmentation de la transparence, de contrôle de système d’incitation, de régulation prudentielle, de supervision, de renforcement de la gouvernance, et du management du risque c’est-à-dire toute une ingénierie d’ordre technico-politique visant à tenter de rattraper les dérives induites  par une doctrine capitaliste restée intacte. Ainsi donc, le Corset des institutions, règles, normes et chartes proposées pour réguler la finance n’est pas le produit d’un retour aux tentations socialistes ; ce sont des mesures d’entretien du capitalisme.
Monsieur Le Président,
Le monde n’est pas à ses premières crises financières, celle de 2008 est seulement plus brutale, plus ample et plus profonde que toutes celles qui l’ont précédée; depuis que le capitalisme a pris le pouvoir, le monde n’est qu’en crise permanente.
Il nous revient donc, au sein de notre organisation, de rechercher les alternatives aux approches néolibérales pour un développement sain de nos pays. La conviction que j’ai est, que l’Etatisme, version extrême du socialisme a fait faillite, tandis que le libéralisme, version extrême du capitalisme, est en train de connaître le même sort.
Monsieur Le Président et chers congressistes,
La crise financière a eu des effets déjà constatés en Afrique à travers le ralentissement de la croissance, la réduction du commerce et de l’investissement avec comme corollaire l’augmentation de la pauvreté et une progression de l’instabilité sociale et politique.Mais la crise pose aux Africains des questions très profondes.
Comment l’Afrique peut-elle croître avec un modèle de croissance fondé sur la financiarisation et la globalisation ? Comment construire les économies africaines plus résistantes aux chocs ? Quelles politiques économiques menées dans une Afrique où le taux de croissance démographique croît plus vite que le taux de croissance économique ? Enfin comment préparer l’Afrique à mieux participer aux débats et aux négociations mondiales ?
  • L’Afrique doit s’approprier son propre destin en comptant sur ses propres forces et même si le monde reste ouvert, elle devra construire ses propres avantages.
  • Il faut mener des politiques aidant à renforcer la croissance et l’investissement source de l’emploi, et éviter des politiques d’austérités budgétaires surtout si elles ont pour objectif l’élimination des effets positifs des politiques de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. La création d’un bon climat des affaires et la mise en place d’infrastructures appropriées sont des atouts certains pour attirer les investissements. C’est le lieu de souhaiter vivement la mise en place des ambitieux programmes du NEPAD.
  • Il faut créer les conditions pour transformer l’épargne intérieure en capital à travers la mise en place de marchés financiers locaux afin de faire face à la forte demande de financement du développement ; il faut aussi renforcer la dynamique secteur Public- secteur Privé qui peut prospérer dans beaucoup de secteurs.
  • Il faut mener des politiques de transformation et de valorisation des ressources naturelles.
Beaucoup d’études envisagent des perspectives féeriques pour l’Afrique en termes de taux de croissance assis sur les matières premières.
Il est évident que les effets sur le  bien être des africains resteront faibles si les termes de l’échange restent en l’état. Il s’agit d’un vieux sujet qui est toujours d’actualité.
  • Comme vous le savez il est attendu du continent une amélioration de la gouvernance qu’elle soit publique ou privée, nationale, continentale ou locale.
Les piètres performances économiques découleraient en grande partie d’un déficit dans ce domaine.
  • il se pose également à l’Afrique une question d’une extrême importance. En regardant et en suivant le développement des pays dits du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine), on se demande si le contexte institutionnel est propice à des performances comparables à celles de ces pays. En d’autres termes la question est de savoir, à quel endroit se projette et se construit l’Afrique, à quels endroits les stratégies pour une Afrique plus compétitive sont élaborées et sont suivies dans leur application.
Est-ce au niveau des micro-Etats où sont menées la plupart des politiques de subsistance au lieu des politiques de développement ou au  niveau des organisations régionales avec des fortunes diverses. Il est nécessaire et très urgent que les différentes régions de l’Afrique disposent d’un socle institutionnel minimal à travers lequel s’organise le développement. L’accélération de l’intégration est donc un impératif si l’Afrique veut compter au milieu de ce siècle.
  • Au plan international il est absolument nécessaire que l’Afrique soit impliquée dans la prise des décisions la concernant que ce soit au Conseil de sécurité de l’ONU, au fonds Monétaire international, à la Banque Mondiale ou à l’OMC. Mais faut-il le rappeler, la question ne sera pas de reformer seulement les aspects organisationnels de ces institutions mais de faire en sorte qu’elles changent leur modèle économique et social qui du reste, sont d’inspiration néolibérale  et conservatrice.
Enfin les progrès seront difficiles à réaliser s’il n’est pas préservé dans les différents pays les droits et institutions démocratiques et si l’insécurité prend le pas sur la quiétude nécessaire à l’action humaine.
Si la croissance et le progrès social sont les objectifs de notre combat créons partout les conditions nécessaires pour y parvenir.

  • Plein Succès à nos travaux
  • Vive l’Internationale Socialiste
  • Je vous remercie